L’idéologie prônant les libertés individuelles mise à mal

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Un écart entre marché et démocratie

Dans une conférence réalisée le 18 février 2014 dernier, à l’école Polytechnique devant un parterre des élites françaises de demain, Jacques Attali, un de nos plus talentueux penseurs et économistes, démontre point par point que notre idéologie d’aujourd’hui fondée sur le développement des libertés individuelles est mise à mal. En effet, les divergences de plus en plus flagrantes entre un marché économique d’un côté de plus en plus globalisé qui fait sa loi et une démocratie de l’autre côté qui ne peut exister aujourd’hui que localement, créent un monde instable qui devrait hélas déboucher sur le chaos.

Notre modèle repose sur les libertés individuelles

Longtemps, idéologiquement le monde était tourné autour d’un ordre préétabli. Les derniers siècles ont vu déboucher une idéologie portée sur la quête de l’égalité avec la montée du communisme et du socialisme. Après l’effondrement de ces utopies, nous voyons maintenant un monde occidental fortement imprégné par les pays anglo-saxons recherchant à tout prix la liberté individuelle. Toute notre société, notre économie et nos modes de vie reposent sur ce concept idéologique qui a pu s’enraciner dans nos cultures occidentales grâce à la dualité vertueuse entre un capitalisme créateur de valeur et une démocratie permettant de construire le savoir-vivre ensemble. Nous changeons de métiers régulièrement, nous avons le choix de notre partenaire sentimental, nous pouvons déménager ou refaire nos vies respectives. Tout est devenu possible contrairement à avant, et ce, à l’extrême.

Selon J. Attali, la mondialisation tend à secouer ce couple anciennement vertueux. Le modèle risque donc de se désagréger dans les quinze prochaines années.

Des défis sont donc devant nous : repli sur soi, montée des extrêmes, pressions des peuples et évidemment conflits entre civilisations : d’un côté, les fondamentalistes se raccrochant à des thèses religieuses ou spirituelles qui s’appuient sur un ordre supérieur et de l’autre, des occidentaux qui s’acharnent sur des libertés individuelles, qui créent toujours plus d’inégalités, d’injustices, de superficialités et de désordre.

Ces deux idéologies sont sans aucun doute à bout de souffle, et il est temps d’en inventer une autre. C’est d’ailleurs, ce qu’il manque aujourd’hui cruellement à nos politiques : une vision, un sens commun, un certain altruisme selon les mots de J. Attali.

La vision et le sens commun manquent cruellement au Politique

L’idéologie prônant les libertés individuelles ne pourra poursuivre son ascension que si et seulement si elle est encadrée dans un intérêt supérieur collectif accepté de tous. Etre libre non pas pour uniquement l’être mais dans un but collectif faisant du sens pour tous. Je pense que libertés individuelles et intérêts ou sens communs peuvent ne pas s’opposer et au contraire créer un modèle beaucoup plus pérenne et durable. Encore faut-il que nos politiques, nos penseurs, nos élites dessinent précisément les contours de cette vision collective afin que les peuples l’acceptent, la partagent, l’enrichissent … bref se l’approprient.

Même si nous risquons d’avoir des lendemains douloureux et des décisions difficiles, je crois que nous pouvons espérer le meilleur car, compte tenu des enjeux et des défis que nous devons relever, les thèmes à disposition devraient pouvoir nous rassembler tous : enjeux écologiques planétaires, développement économique de marchés émergeants comme évidemment le continent africain, découverte de mondes encore inexplorées comme la compréhension du cerveau humain et de nos capacités, conquête de nouveaux territoires de notre système solaire, sans parler des avancées et innovations biotechnologiques et plus simplement du développement de l’économie numérique.

Tous ces sujets peuvent être autant de catalyseurs, donnant du sens à nos vies, une portée qui permettra à chacun d’entre nous de se réaliser individuellement et librement, mais également de vivre ensemble pour le bien collectif. Sans cela, hélas, J. Attali aura raison : le chaos sera explosif. Et tout cela sera de notre faute. Celle de nous tous d’avoir élu des représentants qui manquent de courage et qui eux-mêmes recherchent avant tout leur liberté individuelle plutôt que de donner du sens collectif et une vision du monde de demain.  

 

Identité - Nos politiques sont-ils devenus des incultes et des racistes ?

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Nos politiques sont-ils devenus des incultes et des racistes ?

J’ai beaucoup de peine de voir que, depuis ces dernières années, nos représentants politiques sont devenus amnésiques et qu’ils font semblants de ne plus connaître l’histoire de France.

Comment peut-on renier ses racines et son histoire surtout lorsqu’on représente la France ?

Lorsque Nadine Morano ou d’autres expliquent que nous sommes majoritairement d’origine judéo-chrétienne et que nous sommes des blancs, elle oublie ou fait semblant d’avoir oublié tout ce que la France a traversé au cours des derniers siècles. Les medias, eux, focalisent sur le terme de « race » qu’elle a utilisé à tort pour faire le buzz. Mais le plus grave n’est pourtant pas cela. En effet, une grande partie de la classe politique ne veut pas que la France évolue. Certains sont dérangés par cette laïcité, ce respect des différences, qui remet souvent en question les origines françaises. Pourtant, ce changement n’a pas commencé depuis quelques années mais déjà depuis de nombreux siècles.

Petit rappel d’histoire : la France récolte ce qu’elle a semé. La mixité est dans l’ADN de la France

La France a toujours été une terre d’accueil livrée à de nombreux conflits : invasions barbares, croisades et conquêtes vers d’autres contrées. Les dernières en date sont les conquêtes Napoléoniennes ou encore le développement de notre empire coloniale. La France est un grand pays et a une grande histoire. Mais forcément, cette histoire est liée à cet esprit de conquête et plus récemment au colonialisme. Nous avons également une histoire de guerres perdues et d’invasions : au cours des nombreuses batailles des différents royaumes de France par exemple. Evidemment, tout cela a créé de la mixité, des mélanges entre peuples. Certains sont restés en France après y être venu. Les périodes migratoires devenues importantes au XIXème siècle ne sont pas un phénomène nouveau en France. Elles nous ont été utiles permettant d’ailleurs de répondre à des besoins de mains d’œuvre, sans parler des migrants qui se sont battus à nos côtés pour délivrer la France des forces ennemies lors des guerres mondiales. Sommes-nous complètement amnésiques ? Pourtant tous ces événements représentent bien l’histoire de France ? Nos politiques sont-ils devenus idiots, incultes, hypocrites ou encore complètement racistes ?

Laissons la France avancer, assumons son histoire et son identité

La France est mixte. Elle est une terre d’accueil et depuis peu se revendique comme une république laïque. Qui dit laïque, dit respectueuse de toutes les religions sans en mettre une en avant par rapport à une autre. Que nous soyons donc demain une nation avec une minorité de Catholiques, ne doit pas être un critère politique. Nous serons ce que l’histoire nous permettra d’être : peut-être majoritairement athée ou agnostique si le spirituel s’évapore au cours des prochains siècles, ou peut-être bouddhistes si la Chine poursuit son ascension, ou encore serons-nous peut-être majoritairement noirs si l’Afrique prend enfin son envol. Et alors ? Seule l’histoire nous le dira. La France bouge, elle évolue et son identité également, mais c’est ces valeurs, celles de la république qui doivent être préservées, protégées et cela coûte que coûte. Les individus, le peuple, eux, peuvent devenir de quelques couleurs que ce soit, de quelques religions que ce soit. L’important n’est pas cela mais plutôt les valeurs que le peuple français réussira à véhiculer dans le monde et également celles qui permettront à notre société de toujours mieux vivre ensemble.

Mesdames, messieurs les politiques, ressaisissez-vous !

Pourquoi toujours stigmatisé les mêmes ? Les musulmans. Comme si ils étaient les seuls à être venus en France. Nous n’avions qu’à pas faire les guerres coloniales au Maghreb. A vouloir exporter nos valeurs, nous récoltons ce que nous avons semé. Donc maintenant, je vous en prie, Mesdames, Messieurs les Politiques, ressaisissez-vous et respectez la vraie identité de la France, celles des 20 ou 25 derniers siècles précédents, celles de nos anciens, plutôt que de courir à la récupération de voix électoralistes sous fonds de relents nauséabonds du Front National.

Acceptez la France telle qu’elle est ou tout simplement quittez-la. Une France aux multiples visages, une terre d’accueil, une France qui évolue tout en conservant ces valeurs de respect, de liberté, de solidarité, et de savoir-vivre.

Comme vous le dites si bien, la France, on l’aime telle qu’elle est ou on la quitte !

 

Europe - Grèce dedans ou dehors la zone Euro ?

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Europe - Grèce dedans ou dehors la zone Euro ?

Sommes-nous dignes d’être Européens ?
Alors que la Grèce s’enfonce dans la crise, nous réclamons au peuple grec des efforts et des sacrifices, par la voix d’institutions illégitimes et de créanciers qui ne cherchent qu’à récupérer leurs dettes à tout prix. En tant qu’Européens, nous sommes tous complices de ce chantage. Il est clair qu’il y a eu des erreurs de commises, peut-être plus du côté Grec que du côté Européen. Et encore, n’oublions pas que les Grecs sont eux-mêmes européens. Les opposer aux Européens est déjà un comportement étonnant et irresponsable de notre part,  voire même discriminatoire. Nous sommes tous Européens, quelles que soient nos origines. Il est maintenant fondamental de le comprendre et de l’accepter.

 N’oublions jamais quelle est l’histoire de la Grèce et d’où vient son peuple ?
La Grèce est le berceau de l’Europe, les fondateurs de la démocratie, ceux ayant œuvré pendant tant de siècles à la culture Greco romaine et à la pensée occidentale, les gardiens de la méditerranée, notre mer commune. Sommes-nous aveugles et amnésiques ?

Il est vrai que les gouvernements oligarchiques qui se sont succédé depuis le début du XIXème siècle, disparition de l’empire Ottoman, ont été corrompus au point de mentir à l’Union Européenne pour intégrer la zone Euro dans les années 2000. Ce mensonge n’est pas acceptable mais n’est-il pas pardonnable ? Notre culture judéo-chrétienne devrait le permettre. De plus, la responsabilité de l’Europe reste entière dans cette affaire. Il est en effet incroyable qu’il soit aussi simple de tromper des organisations remplies de technocrates, qui sont entre autre là pour vérifier l’entrée de nouveaux pays dans la zone.

Ne cherchons pas les responsables. Soyons simplement tous responsables
Les torts sont donc partagés et regarder simplement dans le rétroviseur pour voir qui est le responsable est une terrible erreur. Les défis de la construction de notre Europe restent bel et bien devant nous.

Quand l’orthodoxie allemande contraint les européens à se déchirer pour éventuellement laisser tomber les Grecs, cela est révoltant. Les Allemands assument-ils leur histoire ? Ont-ils déjà oublié la main tendue des Européens suite aux démons du nazisme qu’ils ont eux-mêmes créé ? Il ne faudrait pas qu’ils aient la mémoire courte. A ce titre, leur dette a été largement effacée. Mais arrêtons-là la polémique.

Aujourd’hui, l’Europe doit plus encore aller de l’avant dans sa construction et dans la convergence de nombreux domaines : fiscalité, défense, environnement, pour n’en citer que quelques-uns. Mais cela nécessitera d’accroître enfin la légitimité d’une Europe plus démocratique et également que les nations acceptent de perdre de leur souveraineté.

Ce débat de sauver ou non la Grèce doit donc cesser. Ce n’est pas digne des Européens de pouvoir penser que la Grèce puisse quitter la zone Euro et ainsi déstabiliser politiquement l’Europe.

Sans solidarité, pas d’Europe politique
Ce serait comme si la France devait abandonner la Creuse ou la Bretagne car respectivement ce département ou cette région ne sont pas économiquement rentable pour le pays. Et pourtant, quelle richesse, quelle culture ! Une zone géographique ne doit pas se limiter à son destin économique. Il en va évidemment de même pour nos amis grecs. Ainsi, le dessein de l’Europe ne doit pas s’arrêter aux enjeux économiques. Cette solidarité entre européens est l’une des pierres fondatrices d’une Europe plus forte et mieux intégrée.

Encore faut-il maintenant que la Grèce accepte aussi de se réformer, de lever l’impôt et de respecter certains pays membres dont les conditions de vie sont nettement plus basses, et les créanciers qui l’aident depuis plusieurs décennies. La renaissance de la Grèce passe sans aucun doute par la restructuration de la dette et son étalement, mais également par des réformes de fond.

Toutefois, ce gouvernement différent de ceux des précédents corrompus semble présenter une trajectoire allant dans le bon sens. Laissons-lui le temps et soyons fondamentalement européens, quitte à y laisser quelques dizaines de milliards.

 

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